De Moscou à Irkoutsk - Sur la route Transsibérienne
Nous arrivons à Moscou un samedi matin ce qui nous permet de circuler dans de bonnes conditions. Katia, une amie de Iouri nous accueille et nous met directement en contact avec Elina, une jeune journaliste pour qui la capitale n’a plus de secrets. Elle nous héberge pendant 3 jours et nous fait visiter la ville. Nous gardons un excellent souvenir des nuits moscovites, pendant lesquelles Elina nous entraîne de bar en bar où les concerts s’enchaînent ainsi que les shots de vodka. Nous sommes tout de même un peu perturbés par ce retour au bruit après les deux mois passés dans le silence de la taïga.
Après cette halte dans la capitale, nous reprenons notre route le 1er juillet, cap à l’Est.
Ah la route transsibérienne… la mythique transsibérienne… celle qui fait rêver, qui est synonyme d’aventure, de grande expédition vers l’extrême orient.
Comment seront les paysages ? Est-ce que la route sera en bon état ? Est-ce que l’accueil de la population russe sera bon, Est-ce que l’on trouvera facilement du carburant ? Est-ce qu’on aura des problèmes avec la police ?
Mais qu’en est-il alors ? Alors c’est parti, nous vous faisons partager notre expérience.
Nous prenons la direction de Nijni-Novgorod et roulons sur une autoroute en très bon état, avec un trafic intense de camions. Des travaux sont réalisés en permanence sur différents tronçons afin de maintenir cet axe en parfait état. Mais ici, pas de déviation possible pendant les travaux, car nous roulons au milieu de forêt très denses et il n’y a qu’une route principale. La circulation est donc coupée alternativement et s’il s’agit de 4 voies, on les réduit à 2 ou 1 voie.
Le trafic de camion est tel que cela génère des km de bouchons. Nous avons d’ailleurs mis 4h pour faire 250km. Nous traversons de nombreux villages, les stations-services flambant neuves ne manquent pas, on peut payer par carte bancaire dans la plupart des stations et elles sont souvent ouvertes 24h/24.
Mais alors cela signifie qu’on peut aller jusqu’au lac Baïkal avec notre berline ? A première vue, oui… Sauf que pour notre part, nous aimons nous éloigner de la route principale pour manger ou bivouaquer. Emprunter des pistes, découvrir des plans d’eau, voir le soleil se coucher sur les lacs, se mettre à l’ombre des pins pour trouver un peu de fraîcheur ; tout ça étant un excellent moyen d’oublier le bitume et les embouteillages.
La Russie est immense, les paysages varient au fur et mesure de notre progression. On traverse des forêts de pins et de bouleaux, des zones marécageuses, les paysages vallonnés de l’Oural et des grandes plaines cultivées.
Parmi les différentes villes que nous traversons, nous tombons sous le charme de Kazan au bord de la Volga, avec son Kremlin (forteresse) qui regroupe des édifices de toutes les religions présentes en Russie (Orthodoxe, Catholique, et Musulmane). Nous flânons dans les rues du centre historique où les bâtiments multicolores sont tous plus beaux les uns que les autres.
De façon générale, sur la transsibérienne les grandes villes (plus d’un million d’habitants) sont à proximité de cours d’eau avec des activités industrielles diverses. Nous citerons ainsi l’exemple de Naberejnye Tchelny où sont fabriqués les camions KAMAZ, mais également les exploitations pétrolières aux alentours d’Oufa.
C’est justement à Oufa que nous rencontrons Vladimir, un ami de Iouri, qui a travaillé dans plusieurs réserves naturelles à travers la Russie. Maintenant à la retraite il nous raconte ses expériences avec la faune russe et plus particulièrement, avec les ours bruns, les élans, et mêmes les tigres de Sibérie. A proximité de Vladivostok, il a travaillé sur la préservation du tigre en protégeant son habitat avec le soutien et la volonté affichée du gouvernement. Nous sommes restés une nuit chez lui et avons gouté les spécialités locales préparées par sa femme et sa fille.
A notre arrivée à Novossibirsk, nous avons parcouru environ 10 000km depuis notre départ de Normandie. Il est donc temps de faire la vidange moteur et d’effectuer la 2nde rotation de roues (opération que nous renouvelons tous les 5 000km). Nous voyons régulièrement des rampes le long des routes, permettant de contrôler l’état des véhicules. C’est donc le lieu idéal pour faire la vidange et changer le filtre à huile. Cette opération terminée, nous ajoutons notre habituelle dose d’hyper lubrifiant MECACYL. Nous déposons ensuite notre huile usagée dans une station-service Gazprom. Il est maintenant 11h du matin, le thermomètre affiche 35°C, nous trouvons un parking ombragé pour changer les roues. Cette opération ne passe pas inaperçue puisque des travailleurs russes engagent la conversation et prennent des photos du véhicule. Finalement, nous faisons une petite visite guidée de Totoy, ils nous ravitaillent en eau et ensuite nous leur faisons goûter notre Calvados qu’ils apprécient beaucoup malgré la forte chaleur.
Le climat est continental dans cette région du globe ce qui signifie que l’hiver est rigoureux et que l’été est chaud et bref (juillet et août). Depuis le départ de Moscou, nous avons eu un temps très ensoleillé avec des températures se situant entre 25 et 40 degrés. Dans ces conditions, il est très agréable de trouver une rivière afin de s’y baigner comme le font la plupart des russes. C’est d’ailleurs en recherchant un coin tranquille pour se rafraîchir que nous nous faisons une petite frayeur. En effet, en nous engageant sur une piste en direction d’une rivière, nous constatons assez rapidement qu’elle n’est plus utilisée et que la profondeur des ornières associées aux herbes hautes peuvent nous réserver des surprises. Nous faisons donc demi-tour, et un peu plus loin, nous évitons une souche sans voir qu’à quelques mètres, il y en a une autre bien cachée dans les herbes. Le véhicule s’arrête, et nous pensons alors que l’ornière dans laquelle nous sommes nous a mis en dévers, provoquant un effet différentiel latéral. En effet, les deux roues côté passager tournent dans le vide. Nous essayons de reculer, mais en vain. Il faut bien nous rendre à l’évidence, nous nous sommes posés comme des débutants.
En fait, le pont avant est posé sur la souche au milieu des grandes herbes. Nous utilisons donc le Hi-lift pour lever le véhicule, posons un bastaing sous le pneu avant droit ainsi qu’une plaque de désensablage sous la roue arrière droite. Céline prend le volant, engage la marche arrière et sort tout en douceur de l’ornière. Nous vérifions s’il n’y a pas de dégât sur le pont avant et reprenons normalement la piste. Dans ce genre de situation nous gardons toujours notre calme et prenons le temps de bien analyser les causes du problème afin de prendre la bonne décision. Si la situation avait été plus difficile, nous avions une corde élastique, une corde plasma et des poulies de renvoie nous permettant de nous sortir avec l’aide d’un autre véhicule. Cela nous a rappelé les différents stages de pilotage que nous avons réalisés (voir vidéo ci-dessous).
Après cette petite mésaventure, nous trouvons finalement un autre accès à la rivière où nous pouvons enfin profiter d’un bon bain.
Nous poursuivons notre parcours et arrivons à Omsk qui se situe à peu près à mi-chemin entre Moscou et Irkoutsk. Le trafic est fluide, mais les 500 derniers kms s’avèrent plus difficiles en raison de nombreux travaux qui génèrent des ralentissements.
Nous sommes agréablement surpris de voir les pouces de certains conducteurs se lever ou les petits coups de klaxon lorsqu’ils arrivent à notre hauteur. Tous ces signes de sympathie prouvent que les russes sont passionnés par les 4x4 et leurs préparations, il est vrai que nos visuels avec le rhinocéros blanc et le lémurien attirent l’attention. Nous avons d’ailleurs noté qu’ils accordaient de plus en plus d’importance à la protection de la faune et de la flore.
Par ailleurs, La police est très présente sur la transsibérienne et les contrôles radar très fréquents. Pour notre part, nous n’avons pas eu de problème, nous roulons tranquillement et ne dépassons jamais les 90 km/h, qui veut aller loin ménage sa monture. Il est surement possible de rencontrer quelques policiers corrompus mais les mentalités changent et les caméras embarquées ont un effet dissuasif.
Le 12 juillet nous arrivons finalement à Irkoutsk après avoir parcouru 5 330 kms. Lors de notre périple nous avons été hébergés à Moscou, Oufa et Irkoutsk ce qui nous a permis d’obtenir des informations fiables et de découvrir le pays à travers la vie de ses habitants. Céline parlant un peu russe les portes s’ouvrent plus facilement et comme nous avons en plus un problème de GPS, nous voyageons avec des cartes mais surtout en discutant avec les locaux.
Nous pouvons donc conclure sur le fait que cette route au milieu d’espaces naturels immenses nous donne une sensation de liberté. Il est possible de s’arrêter partout, de dormir dans des lieux totalement isolés où la Nature avec un grand N s’offre à nous. Mais le voyage n’est rien sans les rencontres et pouvoir échanger avec les habitants est toujours une expérience inoubliable.










/https%3A%2F%2Ffarm4.staticflickr.com%2F3845%2F14694222993_80cd2a1888.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_12a482_moscou-1.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_642f8b_moscou-5.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_3a1251_moscou-6.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_6b4534_moscou-4.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_28a74b_moscou-9.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_1629a0_moscou-12.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_fb4770_moscou-16.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_0cb141_moscou-17.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_870bb1_moscou-18.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_303295_moscou-19.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_41e1b9_moscou-21.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_5e622c_moscou-22.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_2eb6c4_moscou-31.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_c1d239_moscou-33.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_b74ea0_moscou-34.jpg)
/image%2F0003921%2F20140722%2Fob_d1a681_moscou-35.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FFRH4nUrpV9Q%2Fhqdefault.jpg)


Commenter cet article