Irkoutsk, le lac Baïkal et de belles rencontres
A notre arrivée à Irkoutsk, nous ne sommes plus qu’à environ 60 km du lac Baïkal. Cette ville de plus de 600 000 habitants est idéale pour se ravitailler, trouver des pièces automobiles et réaliser les démarches administratives, tels que les visas pour la Mongolie.
Nous passons notre première nuit près de la rivière Angara qui démarre au lac Baïkal. Comme d’habitude, il est très facile de trouver un coin de nature où s’arrêter faire un feu et pêcher. Les russes apprécient particulièrement les barbecues en famille près des cours d’eau, où la pêche et la baignade font partie des mœurs.
Le lendemain, nous décidons d’effectuer une réparation d’impact sur le pare-brise de Totoy. Nous sommes très bien accueillis dans le garage de Mabt Abto et la qualité de leur service est irréprochable. Ils nous expliquent avoir vu des allemands, des italiens, des hollandais, mais nous étions les premiers français. Nous leur expliquons que nous cherchons un endroit pour souder une des pattes de fixation de notre pot d’échappement. C’est alors qu’un de leur client propose de nous aider : Pacha. Il possède un magnifique Toyota LC 200 V8. Finalement après avoir acheté un silent block d’échappement en prévision de la réparation, Pacha nous propose de récupérer sa femme et de les accompagner se baigner dans un petit lac d’une propriété privée dans la proche banlieue. L’endroit est très joli. Nous commençons à faire connaissance autour d’une pastèque et d’un verre de Kvas. Nous les accompagnons à leur datcha (maison de campagne) qui se situe sur une des îles de la rivière qui traverse la ville. Nous découvrons leur immense jardin et nous régalons de myrtilles et de cerises. Nous ramassons des radis et de l’aneth pour préparer la soupe froide que nous mangerons ensemble un peu plus tard dans leur appartement. Le soir même, nous dormirons chez eux, car ils souhaitent nous emmener au lac Baïkal le lendemain.
Nous découvrons avec eux l’embouchure sud-ouest du Baïkal où démarre la rivière Angara. Il s’agit d’un endroit très touristique où les russes aiment s’y rendre le week-end pour pique-niquer, se baigner et partager un bon moment autour de poissons, tels que le omoul fumé, qui est une espèce endémique du lac Baïkal. De cet endroit, on devine les montagnes sur la rive est qui se situe à environ 30 km.
Le lac Baïkal est le lac qui contient la plus grande quantité d’eau douce au monde. Sa profondeur est très variable selon les zones et atteint 1637 mètres à un endroit. Dans le petit musée consacré à l’histoire du lac Baïkal, un aquarium a été spécialement conçu pour accueillir deux phoques, cette espèce étant présente dans le lac. Nous notons également la présence de sousliks, d’écureuils noirs, de visons et une multitude d’oiseaux. De retour à Irkoutsk, nous passons une nouvelle nuit chez nos hôtes.
Le lendemain, Pacha nous guide dans la ville à la recherche d’un garage capable de faire une soudure inox sur notre échappement. Il existe une multitude de petits commerces spécialisés dans la vente de pièces automobiles. Nous avons même découvert une immense galerie marchande où l’ensemble des commerces étaient dédiés aux pièces automobiles. Lorsque nous nous promenons dans cette grande surface, nous avons l’impression d’arpenter les allées du salon équip’ auto. Un vrai paradis pour les passionnés d’automobile. Pacha trouve finalement une bonne adresse et ce professionnel de la soudure ne mettra pas beaucoup de temps à réparer notre échappement.
Nous retournons ensuite chez Mabt Abto afin qu’ils placent un film de protection solaire sur les vitres latérales avant. Cela nous coûte environ 30 euros pour les deux vitres. En fin d’après-midi, nous partons à la datcha pour arroser le jardin et surtout prendre un bain à la rivière.
Le lendemain, Pacha détecte que Céline a un bandage à la cheville et nous lui expliquons qu’il s’agit d’une douleur qui persiste depuis une foulure en Allemagne, trois mois plus tôt. Pacha travaille dans le ferroviaire et nous propose de l’accompagner dans une clinique dédiée aux employés de la compagnie. Après avoir effectué des radios, le médecin confirme qu’il n’y a rien de cassé, mais préconise des séances de rayons. Pacha nous avait fait part auparavant de son expérience avec les rayons qui l’avait remis debout après une blessure au pied. Nous restons donc deux jours supplémentaires afin d’effectuer ces séances quotidiennes.
Il est maintenant temps pour nous de continuer notre route vers le Baïkal. Nous ne remercierons jamais assez Pacha et sa femme pour leur aide et leur hospitalité et tout ce qu’ils nous ont appris sur la Russie.
Sur la rive sud-ouest du Baïkal, nous faisons un arrêt à Vydrino, où les locaux viennent se baigner dans des petits lacs en pleine forêt, l’eau y est relativement chaude. L’étape suivante se situe à Posolskoye où le peu de profondeur permet à l’eau de se réchauffer, ce qui rend la baignade agréable, même sans avoir bu de vodka au préalable. Dans cette zone, les locaux envahissent les plages avec leurs voitures, les tentes se montent parmi les buissons, les odeurs de viande et de poisson grillés se mélangent au son des autoradios.
Le groupe qui se trouve à environ 10 mètres de nous ne tarde pas à nous faire le signe de ralliement russe : le pouce sur la gorge indiquant qu’il est temps de boire un verre. C’est parti pour une soirée où les shots de vodka et whisky « maison » s’enchaînent tout en dégustant des soupes de poissons, des salades et bien sûr de la viande grillée. L’hospitalité des russes est extraordinaire et leur esprit festif en famille est très proche de celui des français.
Le réveil est un peu difficile, mais un bon bain dans le Baïkal nous remet en ligne et nous reprenons la route vers le nord, dans les plaines du delta que les troupeaux de chevaux et de vaches parcourent en toute liberté. En fin de journée, nous trouvons un endroit isolé pour bivouaquer, mais nous ne sommes pas vraiment seuls, car des sousliks, sortent de leur terrier et se dressent sur leurs pattes pour observer notre installation. Un peu plus tard, une voiture s’arrête à notre niveau, il s’agit d’un pêcheur et de sa femme que nous avons aperçus quelques heures plus tôt. Nous échangeons quelques mots, ils nous apportent un « chouca » (brochet) fraîchement pêché et nous propose de venir chercher du lait à sa ferme. Nous préparons le brochet et les retrouvons au village pour participer à la traite de leur vache et déguster un verre de lait encore chaud. En découvrant leur ferme, nous avons l’impression de revenir 30 ans en arrière et comprenons rapidement que les habitants de ces petits villages vivent quasiment en autarcie, loin de l’agriculture intensive et de la société de consommation qui a déjà envahi le pays. Notre séjour en Russie touche à sa fin. Nous prenons maintenant la route vers la Mongolie après un arrêt à Ulan Ude, où nous faisons le plein d’eau aux pompes (identifiables par leur couleur bleue) qui se situent dans les ruelles des villes et villages de Russie. Après cette halte, les paysages changent très rapidement et font place à de vastes étendues de steppe.












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