Rencontre avec Munkhzaya et rendez-vous au ministère de l’environnement…
Nous arrivons en Mongolie le mercredi 23 juillet et passons la nuit à proximité du service de l’immigration à Oulan Bator afin de prolonger dès le lendemain matin notre visa à deux mois. Alors que nous finalisons les formalités pour notre visa, nous remarquons que trois personnes regardent avec intérêt notre véhicule et ses visuels sur le parking. Une des personnes vient nous voir et nous invite à le rejoindre un peu plus tard dans son bureau. Nous sommes un peu surpris mais décidons tout de même d’aller le voir. Il se présente comme quelqu’un ayant participé au projet de préservation de l’ours de Gobi. Il s’agit d’une espèce très rare et méconnue du grand public car il existe très peu de vidéos sur cet animal, qui est parmi les plus menacés au monde. Nous vérifions rapidement ses propos en regardant une de ses vidéos, où on voit l’ours de Gobi dans son environnement naturel. La conversation s’engage et nous lui expliquons les détails de notre projet après quoi il nous propose de nous emmener pour le week-end dans des zones non touristiques où nous pourrons observer une multitude d’animaux sauvages. Nous comprenons que Munkhzaya a les mêmes motivations que les nôtres et paraît très inquiet sur la préservation de la faune Mongole. Nous sommes donc très enthousiastes de passer le week-end avec lui.
En parallèle les rencontres se succèdent puisqu’en cherchant un endroit pour dormir, des personnes travaillant sur les chantiers nous proposent de boire un verre d’Aygar (lait de jument fermenté) et de passer la nuit sur leur terrain. Il s’agit d’un joli coin de verdure au centre d’Oulan Bator, où ils stockent leurs matériels et leurs camions de chantier. Une yourte est installée sur ce terrain où une famille vit et garde le site. Nous passons un bon moment en leur compagnie autour des « mantuun » (sorte de raviolis cuits à la vapeur) qu’ils préparent devant nous. Nous apprenons ensuite que cette société est spécialisée dans la signalisation automobile et la mise en place de caméras de surveillance. Le patron de l’entreprise et son ingénieur réussissent à recharger nos bouteilles de gaz CampinGaz ce qui n’est pas simple en Asie.
Vendredi en fin d’après-midi, nous récupérons Munkhzaya à son travail et partons vers le sud en empruntant des pistes dès la sortie de la capitale. Il connaît parfaitement la région, puisqu’il organisait auparavant des circuits touristiques à travers le pays. A notre grande surprise, les pistes sont en bon état ce qui s’explique par le peu de trafic puisque seuls les locaux les utilisent. Nous traversons des paysages grandioses et apercevons parfois des troupeaux de chevaux, vaches, chèvres ou moutons qui se trouvent toujours aux alentours des yourtes.
Munkhzaya n’a pas de tente et souhaite dormir chez des amis. Mais la nuit tombe et nous trouvons une petite yourte où Munkhzaya sera hébergé pour la nuit. De notre côté, à peine installés dans notre 4x4, nous sentons des secousses. Il s’agit des moutons qui viennent se frotter contre la carrosserie. Nous essayons de les chasser, puis de déplacer le véhicule, mais rien n’y fait, ils reviennent systématiquement, nous n’avons plus qu’à espérer que les mouvements du véhicule nous berceront et que nous trouverons le sommeil.
Finalement, la nuit sera très courte, puisque nous nous levons à 5h avant le lever du soleil. Munkhzaya nous emmène dans une montagne où il est possible d’observer des bouquetins des Alpes. La discrétion est de rigueur puisqu’ils sont très craintifs et ne tardent pas à nous détecter. Nous les voyons alors traverser le versant rocheux avec une grande agilité, c’est magnifique. Nous continuons la route vers l’ouest et nous arrêtons pour observer un nid de vautours dans lequel se trouve un bébé d’une vingtaine de jours. Nous nous arrêtons dans une yourte pour le déjeuner, au menu, du mouton avec des pattes.
En fin d’après-midi, nous nous arrêtons dans un endroit où Munkhzaya a passé son enfance et il espère pouvoir observer des mouflons. Malheureusement, nous n’en verrons pas, mais observerons tout de même dans ces vastes étendues de steppes vallonnées, des vautours, des renards véloces, des gazelles et de nombreux sousliks.
Nous sommes à nouveau pris par la nuit et nous décidons de demander l’hospitalité dans une yourte. L’accueil est exceptionnel et la maîtresse de maison insiste même pour nous préparer à manger. Les mongols ont toujours un grand sens de l’hospitalité envers les voyageurs, qui les remercient en offrant des friandises et en échangeant quelques mots en mongol.
Nous repartons tranquillement vers Oulan Bator et sur le chemin, nous passons un peu de temps avec un jeune aigle impérial qui essaie péniblement de prendre son premier envol. Un peu plus loin, nous dépannons deux voitures mongoles qui se sont bloquées dans la boue près d’un cours d’eau. Nous passons la soirée avec Munkhzaya et sa famille à la capitale.
Le lendemain, nous continuons les démarches administratives afin d’obtenir les visas des prochains pays que nous visiterons. Nous rencontrons par hasard Javza, une mongole qui parle très bien français et avec qui nous sympathisons. Nous déjeunons ensemble et elle nous invite à passer la nuit dans l’appartement de ses parents au centre d’Oulan Bator. Elle et ses parents apprécient beaucoup les français, son père était diplomate à l’ambassade Mongole à Paris.
En parallèle, Munkhzaya nous donne le contact d’un de ses amis qui a fait partie de l’expédition pour le suivi de l’ours de Gobi. Il travaille au ministère de l’environnement et accepte de nous recevoir pour qu’on lui présente notre projet. Il regarde avec attention la vidéo que nous avons réalisée sur les ours bruns en Russie, puis nous discutons assez longuement de la situation de l’ours de Gobi. Il y aurait actuellement entre 25 et 40 ours recensés dans le désert de Gobi. Le manque d’eau et de nourriture est une des causes majeures de sa faible population. Il nous explique que la prochaine expédition aura probablement lieu mi-septembre et nous lui proposons de les accompagner. Nous craignons un refus de sa part, mais finalement, il nous dit que l’organisation est en cours et qu’il ne s’opposerait pas à notre participation.
Nous sommes très enthousiastes à l’idée de faire partie de cette équipe composée uniquement de spécialistes qui auront beaucoup à nous apprendre.
Maintenant, le seul problème pour nous est de régler l’obtention d’un visa supplémentaire, car nous devons normalement quitter le territoire le 21 septembre, date à laquelle débutera la mission…
En attendant septembre, nous sommes actuellement au parc national de Hustai où nous travaillons avec toute l’équipe afin de réaliser une vidéo sur l’écovolontariat. Ce parc qui se situe à une centaine de km d’Oulan Bator, est le premier à avoir réintroduit le cheval de Przewalski (ou Takhi) le 5 juin 1992 avec l’aide de la fondation hollandaise FPPPH (Fondation pour la Préservation et la Protection du Cheval de Przewalski). 84 chevaux ont été réintroduits dans le parc en 8 ans et ils sont actuellement plus de 300. Un article détaillé sera publié sur notre blog à la fin de notre mission.










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