Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Around The Rock Parcours Projet
AroundTheRock Céline et Anthony Partenaires Around The Rock english español
facebook youtubeflickr video
don

Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...

22 Octobre 2014 , Rédigé par Le BLOG d'Around The Rock Publié dans #Récits de voyage, #Kazakhstan, #Français

Nous arrivons à la frontière Kazakhe que nous passons très rapidement et sans difficulté. Nous roulons en direction de Cemey et traversons des immenses plaines désertiques où subsistent quelques petits villages où la plupart des fermes collectives (les kolkhozes) de l’époque soviétique sont à l’abandon. Nous sommes surpris de la taille des cimetières musulmans qui ressemblent quasiment à des petits villages. A Cemey, nous remarquons que la population Kazakh est pluriethnique et les personnes que nous rencontrons parlent russe. Le climat est plus doux qu’en Russie, par contre lorsque le vent se lève sur les steppes, cela devient glacial. Mais cela ne nous empêche pas d’effectuer la rotation des roues ainsi que la vidange. Lorsqu’on traverse les steppes, les bons emplacements pour bivouaquer sont rares, mais nous trouvons tout de même un petit coin tranquille au bord d’une rivière où des arbres nous abritent un peu du vent. Le bois sec ne manque pas ce qui nous permet de passer une soirée au chaud devant notre feu de camp.

Le lendemain, nous continuons la route vers le sud en direction d’Almaty. La route est un peu monotone avec ses étendues désertiques mais nous avalons tranquillement les kilomètres. En fin d’après-midi, nous nous mettons à la recherche d’un bivouac, mais nous ne voyons pas un arbre ou une petite colline qui nous permettrait de nous abriter du vent. Les kilomètres défilent, le soleil disparaît derrière l’horizon et enfin nous voyons une ferme au milieu de la steppe où nous nous arrêtons. Nous avons de la chance, le propriétaire est là avec sa femme et son beau-frère. L’accueil est chaleureux, il nous indique où mettre Totoy pour la nuit et sa femme nous invite à boire le thé. Celui-ci arrivera bien plus tard, puisqu’Azza, sa femme, est partie traire les vaches. En attendant, Suleiman ouvre la bouteille de vodka et nous comprenons alors que nous allons manger avec eux pour éponger les verres qui s’enchaînent toute la soirée. Nous apprenons dans la conversation que toute leur famille est d’origine Tchétchène et qu’ils sont musulmans ce qui ne les empêche pas de boire de l’alcool, au Kazakhstan, ils sont très tolérants à ce sujet.

Le repas est délicieux, il s’agit d’abats de mouton (langue, estomac, intestin,…), nous buvons même du lait de vache frais puisque Azza revient de la traite. Nous finissons par tuer la bouteille de vodka de 1,5 litre à quatre, toujours avec le sourire en or du patron. Au Kazakhstan, beaucoup de gens d’un certain âge ont des dents en or ou en argent. Nous parlons de voyage et il nous montre alors la photo de WALTERS, cet américain qui a fait le tour du monde à pied et qui comme nous a passé une nuit dans cette ferme.

Le lendemain matin, un berger sort l’ensemble des animaux de la ferme. Nous ne sommes pas très frais, et nous nous payons un bon fou rire en essayant d’aider le berger à regrouper ses moutons. Puis Azza insiste pour qu’on vienne prendre le petit déjeuner avec eux. Céline n’a pas de chance, elle ne conduit pas, elle doit donc reprendre un verre de vodka avec Sultan, le frère d’Azza, qui ne conduit pas non plus et qui visiblement a du mal à se remettre de notre soirée arrosée. Le patron sort cette fois-ci la bouteille de 3 litres. C’est dur au petit déjeuner, surtout qu’elle doit en prendre un 2ème pour ne pas partir sur une patte comme on dit chez nous.

Nous reprenons finalement la route à travers les steppes Kazakhes où les lignes droites semblent interminables. Nous traversons quelques petits villages et ce que nous a expliqué Suleiman se confirme, la plupart des stations-services sont à l’abandon ou elles ne proposent que du diesel ou que de l’essence. En effet, le Kazakhstan est producteur de pétrole, mais les pays étrangers qui ont signé des contrats sont servis en priorité et le reste alimente les stations du pays. Nous remarquons que le sans-plomb est plus impacté par la pénurie.

Nous avions également remarqué que les Kazakhes semblaient avoir peur des policiers sur la route et qu’à chaque fois qu’ils voyaient une voiture de police, ils étaient quasiment à l’arrêt. De notre côté, nous avons été arrêtés à plusieurs reprises sans être inquiétés, jusqu’à aujourd’hui où nous avons compris le sens du mot « corruption »…

En traversant un centre-ville, nous tournons à droite après avoir vu un panneau « Almaty » sans remarquer un panneau interdiction de tourner à droite. Des Kazakhes sur le trottoir nous font des grands signes voulant nous indiquer que cette route est à sens unique. Nous nous arrêtons aussitôt, mais c’est trop tard, les policiers nous ont repérés. Ils sont deux, l’un est super cool et très ennuyé car nous sommes touristes, l’autre me dit de monter dans leur voiture. Céline nous rejoint en filmant discrètement la scène avec la Gopro, puis comme elle parle un peu russe, le policier lui dit de prendre ma place. Il nous explique que l’amende à payer est de 27 000 Tenge (soit environ 120€), nous sommes un peu inquiets car nous n’avons pas cette somme sur nous et que cela nous semble très cher. Nous faisons durer les choses, le temps passe, Céline explique notre voyage, de mon côté, je montre le véhicule à l’autre policier qui est très sympathique. Finalement il explique qu’il est embêté car si nous souhaitons aller au Kirghizistan avec cette infraction enregistrée dans l’informatique, les douaniers ne nous laisserons pas passer la frontière. Nous commençons à comprendre où il veut en venir avec cette explication loufoque. C’est en fait le moyen de nous dire qu’on peut payer notre amende en liquide, sans reçu. On lui demande de nous aider et il nous propose un rabais à 65€. Nous sommes déconcertés, nous ne voulons pas faire fonctionner ce système. Nous discutons entre nous en français et sommes d'accord, nous ne donnerons rien. De toute façon, nous avons le temps. Effectivement, le temps passe, puis le policier nous demande « alors ? ». Céline répond que nous ne sommes pas à l’aise et que c’est trop cher. L’autre policier, embêté depuis le début de notre entrevue, finit par prendre nos papiers posés dans leur véhicule et me les redonne. Quant à l’autre policier, il termine la conversation en disant que c’est de la prévention et nous dit qu’on peut partir. Nous sommes surpris, mais soulagés et les remercions tout de même avant de reprendre la route.

Quand on vit une situation de corruption comme celle-ci, ça provoque un certain malaise. C’est toujours écœurant de voir les forces de l’ordre se comporter de la sorte alors qu’ils sont censés protéger leur population qui paie déjà des impôts pour assurer leurs salaires.

Nous continuons notre route, les paysages changent et les montagnes apparaissent distinctement. Nous profitons d’une rampe sur le bas-côté de la route pour faire le graissage des croisillons de transmission de Totoy. Nous approchons d’un lac immense à 60 km au nord d’Almaty. Le temps est magnifique, il n’y a pas de vent, on se dit que c’est l’endroit idéal pour bivouaquer et se poser un peu. Cette douceur est tellement agréable que nous restons deux nuits. Nous apprenons ensuite qu’il s’agit d’un lac artificiel dont le niveau a baissé de plus de 2 mètres. Sur une de nos photos on peut voir Totoy sur le sable et il est facile d’imaginer le niveau de l’eau qui serait au-dessus de notre coffre de toit si les voisins chinois n’avaient pas installé plusieurs barrages en amont depuis plusieurs années. L’eau au Kazakhstan reste un problème majeur, la situation en mer d’Aral en est l’exemple le plus flagrant.

A notre arrivée à Almaty nous découvrons une ville très moderne où le niveau de vie semble assez élevé. Nous décidons de bivouaquer au sud de la ville près des montagnes, et découvrons des propriétés très luxueuses, loin de ce que nous avons déjà vu dans le pays.

Après deux jours à Almaty, nous rencontrons Almagul dont le contact nous avait été donné par François, journaliste français que nous avions rencontré dans le désert de Gobi (voir article « Du désert de Gobi à la Russie en passant par l'Altaï »). Nous partons avec elle et son amie Dina en randonnée dans les montagnes. Le léopard des neiges est le symbole de la ville d’Almaty, c’est en effet dans ces montagnes que l’on peut l’apercevoir.

Puis, nous visitons l'atelier d'un artiste qui fabrique de nombreux objets à base de cuir et qui redonne une nouvelle vie à de vieux chapeaux.

Nos amies nous font ensuite découvrir le bazar ziloni où on peut acheter différents produits d’Asie centrale : fruits secs, viande, miel, produits laitiers et plats traditionnels kazakhs. Le soir, elles nous préparent d’ailleurs le Lagman, plat traditionnel à base de pâtes (comme des gros spaghettis) accompagnés de morceaux de viande, de légumes et d’épices.

Pendant les deux jours passés ensemble, nous évoquons différents sujets de société, comme celui-ci : il y a de nombreuses entreprises étrangères implantées au Kazakhstan, mais peu d'entreprises nationales ce qui inquiète les Kazakhes, car une grande partie de l'économie repose sur les matières premières comme le pétrole et l'uranium. On estime actuellement que dans 20 ans les réserves de pétrole seront épuisées. Que se passera t-il à ce moment là ?

Almagul, qui, deux jours par semaine, donne des cours à l’université de biologie, nous propose de présenter notre projet à une de ses classes. Nous sommes très enthousiastes et préparons avec elle notre présentation afin de sensibiliser au mieux ses élèves à la préservation de la faune et de la flore. Nous partageons deux heures très sympathiques avec des étudiants très attentifs et concernés par les dangers qui menacent notre environnement, et indirectement notre santé (problème d’eau potable, huile de palme…) et notre économie. Le produit Nutella est un bon exemple pour évoquer ces problèmes, puisque l’utilisation massive d’huile de palme pour la production de ce genre de produit est une des causes de déforestation en Indonésie, générant différents problèmes :

  • la perte de la biodiversité, puisque les forêts primaires font place à la monoculture de palmiers à huile, ne permettant plus à la faune de subsister.
  • Ces huiles de qualité médiocre associées au sucre ne sont pas forcément ce qu’il y a de mieux pour la santé des consommateurs.
  • Sur le plan économique, la consommation de Nutella ne permet pas de faire vivre les producteurs locaux, qui pourtant proposent aux consommateurs des produits locaux de qualité à base de lait, de miel, de fruits…

Cet exemple simple a permis à ces jeunes de comprendre que nous pouvions tous être acteurs à notre niveau. Nous sommes maintenant persuadés qu’ils mettront leur pierre à l’édifice et auront une petite pensée pour les orangs outans d’Indonésie lorsqu’ils verront un pot de Nutella ou autre produit à base d’huile de palme. Les Kazakhes ont d’ailleurs déjà commencé à agir en créant l’association pour la conservation de la biodiversité du Kazakhstan : http://www.acbk.kz/en/

Almagul travaille également pour une des activités de la société Antigen. Cette société a différentes branches d’activité, dont la production de vaccins pour les animaux, le diagnostic pour prévenir les maladies animales, la production de solutions nutritives et la production de ferments pour la fabrication de lait fermenté de chamelle et de jument.

Almagul nous fait visiter la société et nous sommes impressionnés par les moyens techniques utilisés, la beauté et la propreté des locaux. Nous rencontrons Gurvan, le directeur avec qui nous discutons des chameaux sauvages. Puis il appelle un de ses contacts au Kirghizistan afin qu’il nous accueille à Bishkek.

Il est temps de reprendre la route, Gurvan ne souhaite pas qu’on parte les mains vides. Almagul nous explique que la tradition est que les invités repartent toujours avec un cadeau. Sa femme nous rejoint et nous offre différents produits faits maison, viande de mouton, pommes, beurre, confiture, qui s’ajoutent au poisson fumé que nous avait déjà donné Almagul et Dina. Mais le panier ne leur semble pas complet car Gurvan y ajoute une bonne bouteille de vin rouge.

Encore un accueil que nous n’oublierons pas. L’aventure continue au Kirghizistan.

Publicité
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...
Le Kazakhstan, un pays d'où on ne peut pas repartir les mains vides...

Partager cet article

Commenter cet article