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Kirghizistan, le pays des léopards des neiges

10 Décembre 2014 , Rédigé par Le BLOG d'Around The Rock Publié dans #Français, #Kirghizistan, #Récits de voyage, #Reserves, #Ecovolontariat

Nous arrivons à Bishkek, capitale du Kirghizistan, fin octobre. Ce petit pays d’Asie centrale est réputé pour la beauté de ses paysages montagneux, son lac Issyk-Kul situé à environ 1600 mètres d’altitude, mais aussi pour sa faune sauvage, en particulier les léopards des neiges.

Notre priorité est de rencontrer les différentes organisations travaillant pour la protection du léopard des neiges et de leur proposer nos services en tant qu’écovolontaires.

Nous installons Totoy en centre-ville sur le parking de l’opéra, où nous dormons en toute sécurité. C’est à cet endroit que nous sympathisons avec Oleg qui est intrigué et intéressé par notre véhicule. Il est chauffeur aux Nations Unies, roule en Toyota et connaît très bien la conduite tout-terrain. Le lendemain, un jeune homme vient à notre rencontre, il s’appelle Sanjar, nous discutons avec lui de notre projet et il se propose de nous aider en cas de besoin. Nous lui demandons où nous pouvons recharger nos bouteilles de gaz qui ne sont pas standards en Asie. Il revient vers nous dans la journée et nous emmène en périphérie de la ville pour recharger nos bouteilles. Nous nous arrêtons sur le bord de la route où nous distinguons un camion-citerne derrière lequel nous attend le gazier qui comme d’habitude est surpris par nos bouteilles bleues et constate qu’il n’a pas le raccord souhaité. Mais il semble confiant et sort de sa caisse à outils un rouleau de téflon, un joint en caoutchouc et une bille d’acier. Nous le regardons un peu inquiets et sceptiques, mais après un quart d’heure, de nombreuses manipulations et fuites de gaz, il nous annonce que les deux bouteilles sont pleines. Bien évidemment, on ne parle pas de sécurité ou de principe de précaution comme en France, ici c’est le système D. Sanjar nous explique que cet homme est très expérimenté et qu’il a toujours des solutions pour dépanner les clients. Nous le remercions et lui demandons le prix de la recharge mais il refuse qu’on le paie, nous insistons, et avec l’aide de Sanjar, finissons par le régler.

A notre retour sur le parking de l’Opéra, nous sommes surpris de retrouver Oleg et sa femme Svéta qui nous attendent depuis 1h30 dans leur Toyota et nous invitent dans leur datcha (maison de campagne) au sud de Bishkek. Nous passons une très bonne soirée avec eux et leur fille Anastacia. Le lendemain est consacré à Totoy : vérification générale dans l’atelier d’Oleg, changement d’une biellette de direction, réalisation de bavettes de protection des coffres du pare-choc avant… En parallèle, ils nous font découvrir de délicieux plats kirghizes (Lagman, Plov,…) que nous dégustons avec leur vin blanc fait maison.

Le week-end se termine et Anastacia nous explique qu’il va y avoir de la neige, ce que nous avons du mal à imaginer puisqu’il fait un temps magnifique (15 à 20°C). Le lendemain, le changement est radical puisque nous nous réveillons avec 10cm de neige. Il est vrai que le temps change très vite dans ce pays montagneux.

Nous devons maintenant rencontrer les différentes organisations de protection du léopard des neiges et nous constatons avec étonnement qu’il en existe au minimum 8 et que peu d’entre elles travaillent ensemble. Les rendez-vous se succèdent avec celles que nous avons sélectionnées :

  • Panthera France : organisation française qui travaille en partenariat avec Objectif Sciences International et qui organise de l’éco-tourisme haut de gamme. Nous avons eu un bon contact par mail avec Anne Ouvrard qui est à l’origine du projet mais qui malheureusement, n’est pas présente en automne et en hiver. Elle nous a en revanche conseillés de contacter Bastien qui travaille avec elle et qui était encore sur place à notre arrivée. Nous avons beaucoup échangé avec Bastien qui connaît très bien le terrain et qui nous a donné de nombreux contacts et de précieux conseils pour notre séjour.
  • Panthera trust : association américaine qui se dit « leader » dans la protection des félins. Ils n’ont pas besoin d’écovolontaire, ni de touriste, mais acceptent volontiers les donations. Ils sont présents au Kirghizistan depuis peu, mais se permettent de critiquer le travail d’autres organisations locales. Visiblement, nous n’avons pas frappé à la bonne porte.
  • International Snow Leopard Trust (ISLT) : association également américaine, très active sur le terrain dans l’est du pays et qui impliquent directement les populations locales dans la préservation du léopard des neiges. En effet, ils proposent aux locaux de fabriquer des produits traditionnels qui sont ensuite vendus sur leur site, leur assurant ainsi un revenu. Un bonus de 30% supplémentaire sur les ventes est accordé si les habitants respectent un pacte de préservation du léopard et de ses proies dans une zone déterminée. Les locaux doivent stopper la chasse et surveiller la zone tout en luttant contre toute tentative de braconnage ou de corruption. Un organisme indépendant réalise des contrôles afin de vérifier si le pacte est bien respecté et si c’est le cas, les bonus sont alors versés aux habitants. Le contact avec Kuban et Cholpon a été très bon et nous les avons aidés à trier leur marchandise avant expédition vers les Etats-Unis. Lors de leur prochaine expédition dans les deux villages partenaires du projet, nous les accompagnerons.
  • NABU : Organisation allemande qui finance une partie du centre de réhabilitation du léopard des neiges situé au nord du lac Issyk-Kul et qui travaille activement avec un groupe de rangers spécialement formés pour lutter contre le braconnage, appelés Gruppa Bars, signifiant « groupe de léopards » en russe. Nous rencontrons Tolkunbek, le Directeur de Nabu Kirghizistan, qui nous délivre l’autorisation nous permettant de visiter le centre de réhabilitation et d’aider les rangers même si actuellement il n’y a pas de programme écovolontaire.

C’est suite à l’obtention de cette autorisation que nous prenons la route pour le Lac Issyk-Kul et plus précisément le village d’Ananyevo au nord du lac. Nous empruntons le chemin qui mène à la réserve et sommes stoppés devant une barrière métallique. La nuit commence à tomber et après quelques minutes nous apercevons une silhouette dans la pénombre, il s’agit d’un ranger qui vient à notre rencontre à cheval. L’image est magnifique, nous arrivons dans un autre monde où le cheval remplace la voiture. Nous continuons notre progression vers la montagne et arrivons à un refuge aménagé par les rangers où nous passons la nuit.

Le lendemain nous découvrons une vue splendide sur le lac que nous surplombons. Les montagnes se confondent avec les nuages et semblent directement sortir de l’eau bleutée.

Victor Kulagin, le directeur du centre, est un homme attachant avec un caractère trempé mais le courant passe très bien avec lui dès les premiers instants car Céline lui parle russe ce qu’il apprécie vraiment. Il nous dit que nous sommes des gens extrêmes et que notre façon de voyager et d’approcher les animaux lui plaisent. En fait, il déteste les journalistes qui viennent faire le show et nous donne l’exemple de reporters faisant des prises de vues avec des sacs à dos remplis de plastique, en train d’escalader les rochers à proximité des enclos et raccordant les images afin que l’on pense qu’ils observent des léopards dans la nature. Les exemples se succèdent et ne manquent pas, nous rigolons bien jusqu’au moment où il nous dit froidement : « maintenant vous êtes chez vous et vous pouvez rester le temps que vous voulez au centre ».

Nous nous proposons d’aider les rangers dans leurs tâches quotidiennes et de réaliser un film sur leur travail. Les journées se succèdent les groupes de rangers aussi, mais leur gentillesse, leur sens de l’accueil et du partage nous touchent vraiment. Nous vivons avec eux et comme eux, ce qui nous permet de créer des liens et d’avoir une vision réelle du terrain. En effet, ce sont eux qui connaissent le mieux la région et les animaux qui y vivent et pourtant leur travail n’est pas souvent mis en avant dans les reportages.

Nous vous invitons à regarder ce film que nous avons réalisé avec eux et c’est d’ailleurs un des rangers, Maxime, avec qui nous avons enregistré la voix off en russe. Nous avons décidé tous ensemble de ne pas montrer d’images de la mise à mort des ânes qui constituent la nourriture des léopards et des autres animaux du centre afin de ne pas choquer les plus sensibles. Mais cela fait partie du travail des rangers qui effectuent cette tâche avec une rapidité et une précision incroyable.

Vous ne verrez pas non plus Céline capturant des souris dans notre « hôtel particulier », qui en était infesté, et les offrir avec un grand sourire à notre voisin le lynx. En fait, nous avions des souris qui ne craignaient pas l’homme puisqu’un soir une d’entre elles s’est glissée sous mon pantalon jusqu’au niveau du genou lorsque j’ai essayé de l’attraper. Il n’était pas rare que l’on soit réveillé lorsqu’elles passaient sur nous dans la nuit.

Après 3 semaines passées au centre, nous prenons la direction de Karakol afin de rencontrer Nazgul qui est en charge, au sein des Nations Unies, de la création d’une nouvelle zone protégée dans l’est du pays. Le projet est d’envergure et très difficile à mener car de nombreux conflits éclatent entre les sociétés de chasse, les habitants de la zone, les entreprises qui exploitent les minerais et la chine qui souhaite construire un barrage. Nous lui expliquons notre projet et lui présentons nos différentes vidéos qu’elle regarde avec intérêt et commente avec sa collaboratrice, Zhyldyz. Elle nous demande alors si nous serions en mesure de réaliser un film de promotion de cette nouvelle zone protégée afin de communiquer sur l’utilité de ce projet auprès des autorités, des habitants, des écoles. Son idée est que l’on se rende dans les différentes réserves du pays afin de filmer les paysages, les animaux et le travail des rangers. Nous sommes très agréablement surpris et réalisons que sa proposition est une véritable opportunité nous permettant de travailler avec l’ensemble des réserves sur un projet national très important pour la préservation du léopard des neiges et de la biodiversité du pays. Nazgul nous indique qu’elle nous délivrera les documents nécessaires à l’obtention d’un visa de 6 mois renouvelable afin que l’on puisse travailler sereinement en hiver et surtout au printemps, car la future zone protégée est totalement isolée du monde pendant l’hiver. En effet, c’est dans cette zone que se situe le point culminant du pays à environ 7 439 mètres d’altitude.

Nous rencontrons ensuite le directeur de la réserve de Karakol qui nous propose de partir avec son équipe sur un comptage d’argali et d’ibex. Nous décidons donc de les suivre avec Totoy, mais trouvons rapidement les limites de nos pneus non adaptés à la neige. En effet, nous empruntons une piste de montagne avec selon les endroits 50cm à 1 mètre de neige. Les rangers sont équipés de pneus neige et de chaînes, de notre côté c’est l’enfer dès la première grande montée et ce que nous leurs avions déjà expliqué se confirme, nous devons nous équiper de chaînes et tenter l’expérience ultérieurement. La plupart des personnes qui voient notre Totoy pense qu’avec nos Pneu MUD nous pouvons aller partout et nous devons alors leur expliquer que ce sont des pneus prévus pour les terrains gras comme leur nom l’indique. Finalement les rangers mettront 7 heures pour parcourir 15 kms et dormir sous la tente à -11°C, solides les garçons…

Nous ne trouvons pas de chaînes à Karakol, mais de toute façon nous devons repartir à Bishkek pour participer à un salon dédié au volontariat, mais aussi pour revoir nos différents contacts et réaliser les démarches d’obtention de notre visa. Oleg, Sveta et Anastacia nous réservent à nouveau un superbe accueil en nous préparant des "Самсы" (petits triangles feuilletés fourrés à la viande et aux oignons) et le sauna que nous prépare Oleg nous fait un bien fou. C’est toujours un grand plaisir de partager un moment avec eux et ils nous disent qu’on peut rester à nouveau chez eux tant que nous sommes à Bishkek. Nous ne les remercierons jamais assez pour leur générosité et pour le soutien qu’ils nous apportent au quotidien.

Nous profitons de notre retour à la capitale pour présenter notre vidéo sur les léopards des neiges à l’équipe de Nabu et plus particulièrement à Tolkunbek, le directeur qui nous accueille à bras ouvert et fait même la bise à Céline, ce qui n’est pas vraiment une coutume locale. Il nous remercie pour le travail que nous avons effectué au centre et pour la réalisation du film qu’il souhaite traduire en Kirghize afin de le présenter dans les écoles. Il nous demande alors quel est notre programme pour la fin de l’année et à notre grande surprise, nous propose de suivre pendant 8 jours la fameuse équipe de rangers spécialisée dans la lutte contre le braconnage : les Gruppa Bars. La fin de l’année s’annonce bien et de nouvelles aventures nous attendent.

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A
Votre reportage sur le centre de réhabilitation NABU à Ananyevo au nord du lac Issyk-Kul et le travail des rangers est vraiment très bien fait.<br /> J'ai passé un mois au centre et votre documentaire relate parfaitement le travail quotidien du centre.<br /> Je vous souhaite que votre reportage trouve bons et nombreux emplois!<br /> Bonne continuation!<br /> Ana
Répondre
C
Bonjour Ana,<br /> Merci pour votre message. Nous avons beaucoup aimé cet endroit, il nous était difficile après de le quitter. A quel moment y étiez-vous ? Nous allons y retourner prochainement, nous leur passerons le bonjour de votre part si vous le souhaitez. Par ailleurs, cette vidéo a été diffusée en russe à la télé kirghize. Elle est donc disponible en français, anglais (voir blog anglais) et russe.<br /> On reste en contact, à bientôt !
G
superbe vos commentaires un petit coucou de la normandie ou il pleut toujours pour l'instant tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année et surtout la santé RAS continuez bien votre périple bises !!!
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C
Merci Gisèle pour ton message. Bisous à toi, et continue à nous donner des nouvelles !
G
Coucou les amis , super le reportage!<br /> Contrairement à vous nous sommes au chaud en Namibie depuis plusieurs semaines .<br /> Ce matin nous étions en tracking chez Afri cat pour chercher et localiser des léopards et des Cheetahs !
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C
Super d'avoir des nouvelles ! Vous êtes repartis pour tout l'hiver ? De notre côté, il commence à faire vraiment froid, ce matin, -16°C mais à partir de demain, les températures remontent (jusqu'à 5 à 10°C), ça change très vite. Anthony est en train de fabriquer des chaînes pour mettre sur les roues du véhicule, il est à fond dans la soudure. Ensuite, nous partons dans les montagnes, on commence en voiture, puis on termine à cheval...