Bilan de cette première année autour de notre rocher
Nous sommes le 04/04/2015, cela fait maintenant un an que nous avons quitté la France. Nous sommes actuellement au Kirghizistan après avoir traversé l’Europe, la Russie, la Mongolie et le Kazakhstan.
Au-delà des réserves et associations que nous avons visitées cette année, que pouvons-nous retenir ?
Avant d’établir ce bilan, nous avons préparé une vidéo de 5 min résumant notre périple depuis la soirée de départ, peu d’animaux, mais des images de notre quotidien.
Au-delà des paysages grandioses que nous avons traversés, ce sont les rencontres avec les autres qui font la richesse du voyage.
Place maintenant au bilan avec quelques chiffres :
- Nous avons dormi l’équivalent de 5 mois dans le véhicule, 4 mois dans les réserves et avons été hébergés 3 mois.
- Nous avons perdu 12 kilos (dont 11 pour Anthony et 1 pour Céline) et pourtant nous mangeons à notre faim, mais nous ne buvons presque plus d’alcool…
- Nous avons parcouru 28 304 kms, soit 2,5 fois moins que si nous étions restés en France,
- Le prix moyen du gazole était de 0,71€, le plus cher étant en Europe (1,32€ le litre), le moins cher étant au Kazakhstan (environ 0,48€ le litre).
- Notre plus gros poste de charge est le transport comme nous l’avions prévu :
Outre ces chiffres, voici un bilan de notre aventure basé sur nos rencontres et nos expériences, sachant que nous évitons au maximum les zones touristiques, qui masquent souvent la véritable image du pays. Bien entendu, d’autres voyageurs pourront avoir une vision différente de la nôtre :
- La première chose qui nous vient à l’esprit quand on évoque cette année de voyage, c’est la liberté, ne plus avoir d’horaires, seul le soleil guide notre vie. Lorsqu’on évoque la Russie, on pense à un régime autoritaire, et pourtant, c’est un pays où on se sent vraiment libre et où il fait bon vivre. Nous retrouvons également ce sentiment de liberté en Mongolie et en Asie centrale. Le simple fait de ne pas voir de clôture partout est déjà un bonheur extraordinaire, car la nature appartient à tout le monde. Cela peut paraître surprenant, mais le pays où nous nous sommes sentis le moins libre était l’Autriche. La police est omniprésente, nous sommes souvent contrôlés, il y a beaucoup de délation, et c’est pourtant Vienne qui a été élue à plusieurs reprises par le cabinet Mercer, ville la plus agréable du monde. Alors faut-il renoncer à sa liberté pour se sentir en sécurité ?
- Partout où nous sommes passés et au-delà des divergences politiques qui peuvent exister entre certains pays, les gens que nous rencontrons sont très ouverts, très accueillants, souhaitent nous aider et nous faire découvrir leur pays et leur culture. Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité ou en danger.
- Les gens ont conscience qu’il y a des problèmes environnementaux ou économiques (corruption,…), mais se sentent un peu impuissants face à l’ampleur de ces problèmes. Il est vrai que lorsqu’on vit dans le système au quotidien, on n’arrive pas vraiment à prendre du recul et à changer sa façon de vivre et de consommer pour améliorer les choses. Mais nous avons tout de même rencontré de nombreuses personnes qui ont compris qu’on pouvait préserver sa santé et l’environnement en mangeant mieux. Enfin, pas d’inquiétude pour l’industrie agro-alimentaire, partout où nous passons, nous pouvons manger et boire de la merde ; Coca-Cola, Nutella et bien d’autres ont encore malheureusement de belles années devant eux, ce qui nous permet d’enchaîner sur les points négatifs que nous avons constatés.
- La progression du libéralisme et du capitalisme associée à la chute de l’URSS ont entraîné une perte d’identité nettement visible dans la plupart des pays que nous avons traversés. En effet, nous y retrouvons partout les mêmes produits de consommation, et bien sûr des emballages à foison, qui la plupart du temps, finissent dans la nature. Si nous prenons une personne dans un centre commercial en France et que nous la transportons avec un bandeau sur les yeux dans un centre commercial en Asie centrale, elle aura l’impression de ne pas avoir quitté la France, et pourra acheter exactement le même T-Shirt Zara Made in China.
- Autre point très négatif de notre bilan, la religion qui continue à diviser les individus et à créer des conflits tout en occultant totalement les problèmes sociaux et environnementaux. Comment est-il possible à notre époque d’entendre « nous faisons beaucoup d’enfants pour que notre pays soit plus puissant… », et quelques instants plus tard, les entendre nous demander de l’argent pour les aider à subvenir à leurs besoins ?
Les personnes que nous avons rencontrées en Mongolie étaient pour la plupart désintéressées de toute forme de religion. Ils nous disaient « nous croyons en la Nature car elle nous permet de vivre ».
- Pour finir, nous constatons partout des gaspillages de nourriture, même chez les populations les plus pauvres. Ce que nous voyons correspond parfaitement à la statistique mondiale qui indique que 40% de ce que nous produisons n’arrive jamais dans notre assiette.
Quand Jean-Christophe Victor parlait d’écocide, nous avions du mal à imaginer un tel cas de figure pour notre civilisation, mais maintenant que nous prenons le temps de regarder comment fonctionne notre monde et ce que l’homme fait de sa planète, nous comprenons mieux ce qui attend les futures générations. Comme l’avait très bien schématisé Claude Lévi-Strauss, en prenant l’exemple du sac de farine dans lequel se trouvent des vers de farine. Après avoir proliférés, ces derniers mourront empoisonnés par leurs déchets avant même d’avoir consommé le stock de farine sur lequel ils vivent.
Mais restons positifs en nous disant qu’il y a toujours des solutions et que nous devons tous être acteurs même par des gestes qui peuvent sembler insignifiants.












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