3 semaines d'administratif avant le départ tant attendu
DES RENCONTRES IMPROBABLES
Lors de notre précédent article, nous avons évoqué notre intention de suivre une expédition consacrée à la préservation de l’ours de Gobi et organisée par le ministère de l’environnement. Lors de notre séjour à Hustai, nous avons fait un aller-retour à Oulan-Bator pour pouvoir travailler sur le film et se connecter sur Internet. En parlant de notre extension de visa à notre ami chez qui nous bivouaquons, il nous indique qu’il connaît quelqu’un au ministère des affaires étrangères qui pourrait nous aider.
Le lendemain, nous nous retrouvons dans un bar et sommes surpris de nous trouver face à Damdin TSOGTBAATAR, ancien ministre de l’environnement et actuel Président de la Fondation pour la protection de l’ours de Gobi, accompagné de notre ami et d’Ariunbold qui travaille au ministère des affaires étrangères. Le ministre nous informe sur la situation de l’ours de Gobi et des difficultés qu’ils ont à mener des projets à long terme pour cette espèce par manque de financement. En effet, la zone où se trouvent les ours est grande, donc difficile à contrôler avec peu de rangers. Il faut donc augmenter le nombre de rangers, organiser des missions de suivi et tout cela a un coût très élevé dans cette zone reculée et désertique de la Mongolie. De plus, peu de personnes connaissent cette espèce qui est parmi les plus menacées au monde et ne se préoccupent donc pas de sa préservation. Pourtant, en protégeant l’environnement de l’ours de Gobi, cela bénéficierait également à de nombreuses autres espèces du désert.
Nous lui expliquons que notre petite association a des moyens limités, mais que nous pouvons réaliser un documentaire afin d’informer un maximum de personnes sur la situation critique de cette espèce. Notre entrevue est très rapide, il nous laisse ensuite avec Ariunbold qui travaille au ministère des affaires étrangères et qui nous donne rendez-vous deux semaines plus tard, à la fin de notre mission à Hustai.
QUELQUES DECONVENUES, MAIS TOUJOURS DES SOLUTIONS EN PERSPECTIVE
De retour à Oulan-Bator le 26 août, nous rappelons Bayasgalan qui organise l’expédition. Il est en vacances, mais nous indique que le départ est prévu le 10 septembre pour une durée de 2 semaines et qu’on peut se voir à son retour le 1er septembre. Nous devons donc absolument étendre nos visas, puisque ceux-ci prennent fin le 21 septembre. Nous rappelons Ariunbold au ministère des affaires étrangères et c’est à ce moment que nous perdons le contrôle de la situation.
Il nous explique qu’il lui faut absolument un document du ministère de l’environnement pour pouvoir modifier la catégorie de notre visa et que nous devons nous rendre au ministère de l’environnement. Nous l’informons que Bayasgalan est en vacances mais il insiste pour que nous allions à son bureau voir ses collègues, ce que nous faisons finalement avec une petite appréhension. A son bureau, nous rappelons Ariunbold qui explique par téléphone à ses collègues ce dont il a besoin. Ensuite, nous leur apportons un certain nombre d’information à notre sujet. Une autre personne arrive dans le bureau, nous pose à nouveau des questions et nous demande de le suivre au dernier étage dans le bureau du directeur de la coopération internationale. On ne sait pas très bien quel est le rôle de ce directeur, mais on comprend vite que c’est lui et uniquement lui qui peut nous procurer un document officiel. Nous lui expliquons notre projet, mais nous ne sommes pas très à l’aise, car il parle en mongol avec son collègue qui nous prend même en photo avec son téléphone et ils ne nous traduisent rien en anglais. Nous ne les sentons pas très enthousiastes et la première sanction tombe, il nous dit avec un bon anglais qu’il ne peut rien faire pour nous. Il appelle Bayasgalan, mais bien évidemment, celui-ci ne peut rien faire puisque nous nous sommes greffés à son expédition sans qu’il ne nous ai invités de façon officielle. Il appelle ensuite le Directeur adjoint du parc national de Hustai pour vérifier notre action que celui-ci confirme, mais nous n’avons vu cette personne que dix minutes au parc et n’avons pas eu suffisamment de temps vraiment pour faire connaissance. Nous lui expliquons qu’il est préférable d’appeler le Directeur du parc ou le manager Munkhbat TARAV avec qui nous avons un bon contact et qui nous a aidés lors de la réalisation de la vidéo. Mais visiblement il ne souhaite pas multiplier les appels et nous sentons qu’il ne veut rien faire de plus pour nous aider. Nous lui glissons notre dernier argument en lui expliquant que nous avons rencontré l’ex ministre Damdin TSOGTBAATAR dans le cadre du projet de l’ours de Gobi. Il répond « vous avez rencontré cette personne ? ». Après un blanc, il ajoute, « Et alors, ce n’est qu’un politicien… ». Nous n’insistons pas et quittons son bureau en le remerciant tout de même de nous avoir reçus, mais un peu découragés et énervés de s’être laissé entraîner dans cette situation en l’absence de Bayasgalan, le responsable du projet et notre seul contact au ministère. Nous rappelons Ariunbold et lui expliquons l’entrevue ; Il appelle cette personne en direct, qui refuse de délivrer une lettre d’invitation et se réfugie derrière la loi, stoppant ainsi toute possibilité d’extension de visa.
Nous ne voulons pas abandonner et repartons du ministère avec une seule idée en tête… trouver une solution et celle-ci nous a été donnée par Ariunbold et notre ami Zhaya qui travaille au service de l’immigration. En effet, le seul moyen de contourner la loi est de sortir du territoire et de revenir après quelques jours, voire dans la même journée. Au départ, nous n’étions pas trop motivés par cette solution, mais c’est la seule qu’il nous reste. Ayant besoin d’un visa de transit en Russie afin de rejoindre le Kazakhstan à notre sortie de la Mongolie, nous abandonnons l’idée d’aller en Russie afin de ne pas multiplier les demandes à l’ambassade russe. Il nous reste une seule solution, la Chine.
Nous récupérons le formulaire de demande de visa et préparons tous les documents à fournir. Nous allons même faire une fausse réservation d’avion (dans une agence de voyages Airmarket) et d’hôtel à Beijing que nous pourrons présenter avec notre demande de visa. Nous nous procurons également une vieille attestation de rapatriement (également fausse puisque nous n’avons plus d’assurance en France).
A l’ambassade, c’est un vrai sketch. Nous avions eu une très mauvaise expérience de notre séjour en Chine en 2006, et on s’aperçoit que rien n’a changé et qu’il y a toujours autant d’aberrations. Dans l’ambassade, deux personnes enregistrent les demandes de visa : une parle un peu anglais et une autre ne parle que chinois et mongol. Et bien la personne qui parle anglais s’occupe uniquement des chinois et des mongols, alors que celle qui ne parle pas anglais s’occupe des étrangers… Elle nous pose beaucoup de questions en chinois espérant peut-être qu’on la comprenne et qu’on lui réponde. Heureusement, dans la file d’attente, une allemande parle mongol et fait la traduction pour les étrangers présents avec nous. On ne peut plus se retenir de rire lorsqu’un français présente son formulaire dûment rempli, qui est immédiatement refusé car apparemment celui-ci date de l’année dernière. Il répond qu’il la téléchargé sur leur site Internet, ce après quoi on lui répond : « Ah oui, notre site n’est pas à jour »… Bienvenue en Chine, rien n’a changé, c’est toujours le bordel. De notre côté, nous n’avons pas de problème particulier, enfin, moins que ceux qui étaient avec nous, car elle a quand même mis en doute les tampons des douanes mongoles. Nous récupérons notre visa sous cinq jours, puis prévoyons de prendre le train jusqu’à la frontière.
CONFERENCE INTERNATIONALE
En parallèle, Ariunbold nous contacte pour nous inviter à la conférence internationale « Invest Mongolia 2014 ». Nous ne comprenons pas bien quelle peut être notre place surtout en voyant le programme qui est plutôt orienté sur la politique, l’investissement et l’économie de façon générale. Il nous dit qu’il nous a réservé une table avec des personnes de la chambre mongole de Hong Kong et que cela peut être l’occasion de communiquer sur notre projet. On ne sait pas trop quoi faire et finalement nous n’acceptons pas l’invitation.
Le jour de la conférence, nous allons dans un petit restaurant mongol afin de nous connecter à Internet et de travailler sur les mises à jour du site. Nous aimons bien cet endroit parce qu’il n’est pas cher et que l’on y mange des plats typiques.
A 14h, l’organisateur de la conférence nous appelle, un peu surpris de notre absence. Nous lui expliquons que nous ne sommes pas très à l’aise, d’une part parce qu’il s’agit d’une conférence réservée à des investisseurs et que notre action est orientée sur la faune, et d’autre part, nous n’avons pas de vêtements appropriés à ce type d’événement. Il insiste et nous dit qu’étant des amis d’Ariunbold, il serait content de nous rencontrer le lendemain, puisque la conférence se déroule sur deux jours. Finalement nous acceptons en nous disant que c’est l’occasion de revoir Ariunbold et de découvrir l’un des plus beaux hôtels de la ville.
Ce matin, nous mettons notre plus belle tenue, à savoir un jean et une chemise presque repassée, avant de nous rendre à la conférence, où nous sommes vite repérés puisque tout le monde est en costume. Le début de la conférence est intéressant puisqu’ils parlent de la situation économique du pays. Le moment du repas arrive, et nous nous présentons au restaurant sans carte d’invitation. Mais dès que nous citons le nom de l’organisateur, les portes s’ouvrent et le festin commence… Notre ami Ariunbold vient à notre rencontre, ravi que nous soyons présents. Il nous présente à la délégation de Hong-Kong à qui il explique notre volonté de faire un film sur l’ours de Gobi. Nous faisons ensemble des photos puis lui parlons de notre mauvaise expérience au ministère de l’environnement. Il nous dit qu’il aurait pu nous fournir cette lettre d’invitation, mais que ce genre d’individus bien au chaud au ministère se moque bien de la préservation de l’environnement et encore plus de l’ours de Gobi. Nous en profitons pour lui glisser la remarque qu’il a faite concernant l’ex-ministre de l’environnement et nous rigolons ensemble lorsqu’il nous dit « des c…, même dans un pays avec une faible population, on en trouve toujours sur notre chemin ». Nous lui disons qu’il en faut plus pour nous décourager et qu’en Mongolie tout est possible, ce à quoi il répond : « non, en Mongolie, rien n’est impossible ». Pour finir, il nous dit que la solution d’aller en Chine est la plus simple, « vous faites un pas dans le pays, puis vous rentrez, enfin non, vous faites d’abord une photo avec les soldats chinois puis vous revenez… Bienvenue en Mongolie les amis !».
ALLER-RETOUR EN CHINE
Nous récupérons sans problème nos visas pour la Chine, et achetons nos billets de train. Le départ est prévu à 20h50 pour une arrivée en Chine vers 11h (passage de douane inclus). Il s’agit de wagon-lit avec des compartiments de 4 personnes et nous estimons qu’il y a environ 700 personnes. Le train est complet, il y a beaucoup de chinois qui travaillent dans le bâtiment en Mongolie et qui rentrent en Chine à la fin de l’été. Tout au long de l’année, les mongols prennent ce train pour Erlian, qui est une ville très commerçante où on trouve divers magasins de denrées alimentaires, meubles, vêtements, matériels électronique… Nous partageons même notre compartiment avec des mongols qui partent faire du shopping pour le week-end. Le lever du jour sur cette partie du désert de Gobi est magnifique. Il s’agit de vastes plaines désertiques, on aperçoit par endroit quelques yourtes avec leur bétail, des chameaux domestiques et des troupeaux de gazelles. Nous sentons tout de suite que la température est beaucoup plus élevée qu’à Oulan Bator. Les seuls monticules rocheux que nous apercevons ne sont pas des montagnes, mais des mines souvent exploitées d’ailleurs par des compagnies chinoises.
Nous passons la frontière mongole sans quitter le train. En effet, les douaniers montent dans celui-ci afin de récupérer les passeports et les ramènent tamponnés une heure plus tard. Le train redémarre et après quelques kilomètres, nous nous arrêtons à la gare chinoise « Erlian » où nous sommes accueillis par des douaniers assez souriants. Nous passons la douane sans difficulté et essayons sans perdre de temps de trouver des tickets de train pour notre retour à Oulan-Bator. Nous rencontrons une mongole avec qui nous discutons pendant les deux heures d’attente qui nous séparent de l’heure d’ouverture du guichet. Elle fait ses études en Chine un peu en contraint-forcé, mais les relations entre la Chine et la Mongolie sont inévitables et certains mongoles apprennent même le chinois. En effet, la Mongolie est un pays totalement enclavé et le seul moyen d’exporter par voie maritime est de passer par la Russie ou par la Chine, qui bien évidemment est moins cher. Cette jeune femme a beaucoup de mal à s’adapter au comportement des chinois qui sont très bruyants, il est vrai que quand on les écoute parler en groupe, on a l’impression qu’ils s’engueulent mais en fait il s’agit d’intonations très fortes de la langue qui donnent cette impression. Cela contraste vraiment avec le langage mongol qui est très doux et calme. Par ailleurs ce qu’elle ne supporte pas et nous non plus, c’est que les chinois n’hésitent jamais à faire payer aux étrangers deux à trois fois le prix, avec le sourire de façade en prime. Conclusion, on est donc jamais en confiance et avons toujours l’impression de se faire avoir et c’est souvent le cas.
Ce qui est plus inquiétant pour les mongols, ce sont les entreprises chinoises qui s’installent en Mongolie n’employant que des chinois et n’apportant ainsi aucune source de revenus aux travailleurs mongols. Nous avons déjà fait ce constat en Russie, près du lac Baïkal avec l’exploitation du bois, et les exemples ne manquent pas dans d’autres pays.
Le bureau de vente de tickets de train ouvre. Le prix que nous payons est plus cher que celui indiqué sur le ticket. Une mongole leur fait la remarque, mais on lui répond que c’est normal. A première vue, nous sommes quand même contents de payer si peu cher (13€ pour 2), mais en fait nous comprendrons plus tard que ce que nous avons payé ici, nous permet juste d’atteindre la frontière mongole (située à quelques kilomètres). Il faut ensuite acheter de nouveaux billets dans le train auprès des hôtesses. Finalement, le prix chinois était excessif pour si peu de kilomètres.
Il nous reste 2h avant de prendre le train, nous visitons un peu cette ville avec des grands boulevards, des grands magasins, et une multitude de marchés. Nous sommes surpris par le calme qui y règne, il n’y a pas beaucoup de monde et on remarque qu’ils ont abandonné le vélo au profit du scooter électrique.
Nous repartons à 17h10 après une petite conversation avec les douaniers chinois qui ont repéré nos couteaux suisses mais finalement nous laissent passer sans les saisir. Le départ du train est un grand moment, tous les douaniers sont sur le quai au garde à vous et l’hymne national retentit dans les haut-parleurs de la gare. Nous sommes à la fenêtre et leur faisons un petit signe mais nous ne tentons pas la photo… Ariunbold va être déçu.
Nous rentrons en Mongolie et enfin le tampon que nous attendions est bien sur notre passeport. Nous avons maintenant un mois devant nous avant de quitter le territoire. Il est temps pour nous maintenant de nous concentrer sur notre opportunité de suivre la mission Gobi Bear Project.
USNII NAIR – CEREMONIE TRADITIONNELLE MONGOLE
A notre retour de Chine, notre amie Javza qui parle très bien français nous a invités à la célèbre cérémonie de l’Usnii Nair. Il s’agit d’une fête pour les 2 ans de son fils au cours de laquelle chaque invité lui coupe une mèche de cheveux avant de lui offrir un petit cadeau et de lui adresser un vœu. Un moine vient officialiser cette étape de la vie de l’enfant qui pour l’occasion, est vêtu d’une tenue traditionnelle en soie. En Mongolie, cette cérémonie est réservée uniquement aux garçons à qui on ne coupe pas leurs cheveux avant leurs deux ans.
Nous nous retrouvons dans son appartement à Oulan-Bator, où toute sa famille est présente. Nous sommes très bien accueillis et avons même l’honneur de couper à notre tour une mèche de cheveu de son fils Murun. Son mari fait un discours où il énumère toute une série de vœux pour son fils. Après les applaudissements, les convives chantent des chansons traditionnelles et les discours des grands-parents s’enchaînent. En parallèle, nous levons nos verres de vodka et d’ayrag tout en dégustant les plats traditionnels mongols. Il s’agit pour nous d’un moment extraordinaire, où nous avons pu une fois de plus apprécier l’accueil très chaleureux des mongols. Céline a même eu droit à un « massage » de la tête par le doyen de la famille qui est le beau-père de Javza. En effet, il avait remarqué un léger strabisme qu’il souhaitait rectifier en utilisant son don de magnétiseur.
VISA DE TRANSIT RUSSE
Le lendemain de cette belle cérémonie, nous demandons le visa de transit russe et nous rendons donc à l’ambassade à 14h. Celle-ci n’est ouverte qu’une heure par jour. Nous rencontrons une américaine un peu nerveuse qui revient pour la 4ème fois… Après 20 minutes d’attente, alors qu’il n’y a que 4 personnes, nous nous présentons au guichet avec notre formulaire dûment rempli, une photo, une photocopie du passeport, une attestation d’assurance rapatriement et les papiers du véhicule. La personne qui nous reçoit et très sympathique mais nous explique tout de même qu’il lui faut l’original de la carte grise. Anthony court à la voiture la récupérer. Le temps passe vite, il ajoute ensuite qu’il faut écrire une lettre de demande de visa de transit avec les informations suivantes : numéro d’identification du véhicule, couleur, informations sur les voyageurs, date d’entrée et de sortie souhaitée et postes frontières d’entrée et de sortie… Nous rédigeons cette lettre en urgence, sur le coin du bureau, puis revenons au guichet à 2h55. Tout lui semble correct, mais il indique que nous devons indiquer le nom des grandes villes que nous comptons traverser en Russie. Nous n’avons pas de carte assez précise avec nous, et lui non plus. Nous nous rendons à l’évidence qu’il faudra revenir le lendemain, mais avant de partir, nous lui demandons s’il y a d’autres éléments manquants, il répond que tout le reste est conforme.
De retour à l’ambassade le lendemain, nous n’avons pas affaire à la même personne. Celui-ci est également très sympathique, il vérifie l’ensemble de nos documents, tout semble correct, puis surprise, il nous demande où nous avons eu ce formulaire d’application. On lui explique que nous l’avons téléchargé sur Internet, aucun document papier n’étant disponible à l’ambassade. Il nous dit qu’il faut d’abord compléter le formulaire sur leur site « visa.kdmid.ru », l’imprimer, puis revenir avec l’ensemble des documents. Nous comprenons maintenant pourquoi l’américaine a dû revenir quatre fois à l’ambassade.
Nous ne perdons pas une seconde, le chrono est en marche, nous courrons à la poste car il nous a indiqué qu’il y avait un espace Internet avec imprimante. Il nous indique tout de même qu’il nous attendra, même après 15h. Nous perdons du temps au début à trouver le formulaire, car pour une raison que l’on ignore, nous sommes arrivés sur un site russe. Nous avons finalement trouvé ce formulaire en passant par un site d’une agence de voyages.
Nous revenons à l’ambassade juste à 15h après un sprint à travers le boulevard principal d’Oulan-Bator, et l’agent a tenu sa promesse car il nous attend. Nous payons le tarif standard nous permettant de récupérer les visas sous 5 jours. Après 3 jours, nous préférons nous rendre à l’ambassade pour être sûr qu’il n’y ait pas de problème particulier. Nous retrouvons notre copain de l’accueil avec qui nous avions sympathisé en lui parlant russe. Il nous fait rentrer directement dans les bureaux et la chance nous sourit car les visas sont prêts et ils acceptent de nous les donner avec deux jours d’avance sans payer de supplément.
MISSION GOBI BEAR 2014 ANNULEE ?
Bayasgalan, au ministère de l’environnement, nous reçoit et nous indique à notre grande surprise que la mission qu’il organise va sûrement être annulée car le scientifique mongol est malade et ne peut donc pas se rendre dans le désert de Gobi. Il nous conseille alors de contacter directement le biologiste américain Harry REYNOLDS qui organise tous les ans une mission avec son association américaine. Nous réalisons à ce moment qu’il s’agit du biologiste dont Zhaya nous avez parlé et avec lequel il a un bon contact. Après plusieurs échanges de mails, Il nous répond en nous confirmant que la mission Gobi Bear aura bien lieu du 16 au 27 septembre et accepte que l’on suive son équipe pour réaliser un documentaire. Nous sommes très heureux et commençons à imaginer notre participation à ce projet exceptionnel consacré à l’une des espèces les plus menacées au monde. Notre motivation est à son maximum et nous voyons que toutes les démarches que nous avions engagées, les différentes prises de contacts et le voyage en Chine vont peut-être payer et nous permettre avec un d’approcher l’ours de Gobi. Nous faisons les démarches nécessaires pour obtenir les autorisations de circuler dans cette zone protégée du désert de Gobi, mais aussi dans la zone frontalière avec la Chine.
A l’arrivée de Harry le 16 septembre, nous quittons notre bivouac (voir photo ci-dessous) et partons en direction du désert de Gobi avec toute l'équipe scientifique avec l'espoir de voir des ours.













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